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Dans le contexte international actuel, les groupes industriels européens et américains se sentent de plus en plus menacés. Selon une enquête de Capgemini, ils souhaitent investir dans la réindustrialisation. Trois options se démarquent.

Serait-ce la fin de la mondialisation ? Ces trois prochaines années, les dirigeants souhaitent investir, à l’intérieur et à l’extérieur des marchés domestiques, à hauteur de 4 700 milliards d’euros, contre 3 400 milliards l’an dernier. Selon Capgemini, les objectifs sont multiples : faire face à la hausse des droits de douane et à l’atmosphère politique tendue ou encore réduire les coûts logistiques et l’empreinte CO2… Trois options de réindustrialisation se démarquent : dans le pays du siège social, dans un pays proche ou dans un pays plus éloigné mais jugé sûr.

Au cours des trois prochaines années, la production dans le pays du siège de l’entreprise (reshoring) et la délocalisation dans un pays proche de ses marchés de consommation (nearshoring), devraient augmenter respectivement de 2 et 7 points de pourcentage. Pour 73 % des industriels, les pays « fiables, à coûts modérés et dotés d’une main-d’œuvre qualifiée disponible » (friendshoring) sont convoitisés.

Alors, la chine risque d’être violemment impactée. Si en 2024 déjà 58 % des entreprises ont réduit leur dépendance à la chaîne d’approvisionnement chinoise, 82 % comptent désormais la diminuer. Pour exemple, Dell a annoncé supprimer la moitié de ses achats chinois de puces électroniques.

Face aux hostilités américaines et aux coûts élevés, les industriels réagissent

Même si 2/3 des dirigeants affirment que leur entreprise possède ou étudie une stratégie de réindustrialisation, 77 % ont mis en pause leur décision. Selon le consultant, une clarification des mesures de Trump est attendue. Pour contrer l’hostilité américaine, une coopération entre le Canada et l’Europe pourrait avoir lieu. À plus petite échelle, « Une collaboration régionale entre les acteurs de la chaîne de valeur de l’industrie, sous-traitants, prestataires technologiques et décideurs publics, sera essentielle pour construire un écosystème industriel résilient et flexible » déclare Aiman Ezzat, Directeur général du groupe Capgemini.

Pour répondre au coût de la réindustrialisation, la moitié des dirigeants prévoient une réduction des coûts logistiques et des chaînes d’approvisionnement. Ainsi, 62 % des industriels modernisent leur site de production. 84 % d’entre eux prévoient d’investir dans des technologies de fabrications avancées.