Réglementation

Le gouvernement dévoile les orientations de la RE2020 : le besoin de froid intégré au calcul

TARDY, Anne-Sophie | 24 novembre 2020 |

Crédit : Pressfoto

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Emmanuelle Wargon, ministre chargée du Logement, ont livré ce mardi 24 novembre les principaux axes de la future réglementation des bâtiments.


On le sait déjà, la RE2020 n'entrera en vigueur qu'à l'été 2021. Le gouvernement veut se laisser le temps de faire les choses correctement, et aussi rattraper le retard dû à la crise sanitaire que nous vivons. Lors d'une conférence de presse donnée ce mardi 24 novembre, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, et la ministre chargée du Logement, Emmanuelle Wargon, ont détaillé les principales orientations retenues pour cette future réglementation.

Comme annoncé, la réglementation sera donc progressivement " de plus en plus exigeante, depuis son entrée en vigueur en 2021, jusqu’à 2030 avec trois jalons prévus en 2024, 2027 et 2030 qui constituent autant de marches de rehaussement des exigences " selon le ministère de la Transition écologique. La première échéance d’entrée en vigueur concernera les logements ainsi que les bureaux et l’enseignement. Les bâtiments tertiaires plus spécifiques feront l’objet d’un volet ultérieur de la réglementation.

En parallèle, un label d’État, qui sera créé dans la foulée de la RE2020, et consolidé dès le deuxième semestre de 2021, " permettra à ceux qui le souhaitent, maîtres d’ouvrage publics ou privés, d’anticiper les futures exigences de la RE2020, de montrer l’exemple et de préfigurer les bâtiments d’après-demain."

Le Bbio abaissé de 30 %

Pour exiger plus de sobriété, la RE2020 va renforcer l’exigence portant sur le besoin bioclimatique, ou Bbio. Par rapport aux exigences de la RT2012, le seuil maximal pour le besoin bioclimatique des logements sera abaissé de 30 %. " Il s’agit d’une exigence ambitieuse mais réaliste, car déjà aujourd’hui une partie significative des maisons, et même des logements collectifs, satisfont ces critères de performance énergétique " estime le ministère de la Transition écologique, ajoutant " la facture d’électricité d’une maison neuve typique avec une pompe à chaleur sera de l’ordre de 200 €/an, soit moins de 17 €/mois. "

Le recours à la chaleur renouvelable systématique

La RE2020 qui chassera le gaz des logements neufs, systématisera également le recours à la chaleur renouvelable, via un seuil maximal de consommation d’énergie primaire non renouvelable. Le gouvernement souhaite " empêcher un retour massif du radiateur électrique (convecteur à effet Joule), car s’il est peu coûteux à installer, ce mode de chauffage est cher à l’usage et pèse plus fortement sur le réseau électrique au plus fort de l’hiver (pointe hivernale). " Pour l'instant, le ministère n'a pas communiqué ce seuil maximal.

Le besoin de froid intégré au calcul

Parce que nous risquons de vivre encore de nouveaux épisodes caniculaires, la RE2020 va également intégrer le besoin de froid dans le calcul du besoin énergétique du bâtiment (Bbio). Sur la base d’un scénario météo similaire à la canicule de 2003, un indicateur de confort d’été sera calculé lors de la conception du bâtiment, qui s’exprimera en degré.heure (DH).

La RE2020 fixera un seuil haut maximal de 1250 DH qu’il sera interdit de dépasser, " ce qui correspondrait à une période de 25 jours durant laquelle le logement serait continument à 30 °C le jour et 28 °C la nuit " précise le ministère. Ce seuil sera le même partout en France. Comme il sera plus difficile à respecter dans le sud de la France (pourtour méditerranéen et arrière-pays provençal), pour les logements construits dans ces zones climatiques chaudes, il sera possible de déroger à certaines exigences constructives, notamment celles qui nécessiteraient un recours trop important à des matériaux biosourcés. Reste à voir les décrets autorisant cette dérogation.

Parallèlement, la RE2020 fixera un seuil bas à 350 DH, à partir duquel des pénalités s’appliqueront dans le calcul de la performance énergétique. " Ces pénalités seront forfaitaires afin d’inciter tous les bâtiments à faire des efforts de conception permettant de réduire le nombre d’heures au-dessus du seuil. "

Le gouvernement précise que les solutions de climatisation dites passives seront encouragées par la réglementation à travers son moteur de calcul, " qu’il s’agisse par exemple de la forme du bâtiment, de son orientation, de protection contre le soleil, de l’installation de brasseurs d’air ou encore de puits climatiques. "
Un indicateur et une exigence nouveaux pour une réglementation thermique. Le ministère se donne donc le droit à l'erreur, et au réajustement. " La réalité exacte du niveau de confort d’usage qu’ils traduisent reste à évaluer finement, précise l'administration. Aussi, en fonction des retours d’expérience à l’issue des premières années de réglementation, cette exigence pourra être renforcée. "



PARTAGER

imprimer partager par mail

Informations

Newsletter

3 fois par mois, recevez toute l'info de votre secteur : actualités, nouveaux services et produits, événements…

Je m'inscris

Archives

Produits et Services

Sélections thématiques

  • 18 septembre 2012

    Les nominés aux Grands Prix du Froid

    Sur les 33 innovations présentées, 17 ont été retenues par le Jury d'experts des Grands Prix du Froid. C'est désormais à vous, acteur du froid, d'élire les produits et les installations les plus innovantes. La Rpf, co-organisatrice de ...