Profession

« Les vœux du froid » : beaucoup d’optimisme tempéré par quelques craintes

LE MERCIER, Pierre | 25 janvier 2019 |

De gauche à droite : Serge Bresin,Hervé Quibriac, Gérald Cavalier, Didier Coulomb, Jean-Luc Carré, Gérald Charney. Photo : La Rpf.

L’AFF, l’Afpac, la Cnefic, l’IIF et le Snefcca se sont livrés pour la première fois ensemble à une rétrospective de l’année écoulée et une projection pour 2019.  Comme en 2018, le travail ne devrait pas manquer…


Organisés pour la première fois sur une initiative de Serge Bresin, « les vœux du froid » se voulaient comme une grande réunion de famille aux accents œcuméniques. Ce 24 janvier au siège de l’AFF à Paris, chacune des cinq organisations représentées a évoqué à tour de rôle son bilan et ses perspectives à partir desquels la centaine de participants a pu extrapoler les grandes tendances de la filière, au niveau français surtout mais aussi international.

2018 a été une année clé, selon Gérald Cavalier, président de l'AFF. Si la réduction de l’ordre de 30 % de la quantité de HFC disponible sur le marché imposée par la F-Gas a été source de peur et d’inflation sur ces fluides, l’année a surtout été l’occasion de se familiariser davantage avec des solutions alternatives qu’il faut apprendre à découvrir ou à se réapproprier. Un défi auquel la profession est habituée puisqu’il y a 100 ans un certain Willis Carrier cherchait déjà un fluide irréprochable… Preuve que la profession a encore et toujours besoin de beaucoup d’innovations comme ont su le faire il y a tout juste 160 ans Ferdinand Carré en déposant en 1859 son brevet de réfrigération par absorption suivi quelques mois après par Charles Tellier… Cette grande aventure du froid, que le grand public a pu découvrir en 2018 lors de l’exposition à la Villette, se poursuit depuis à la Saline royale d'Arc-et-Senans jusqu’au 22 avril où 12 000 personnes l’ont déjà parcourue. Parmi eux de nombreux jeunes, ceux-là même dont la profession a besoin et auprès desquels on doit valoriser les débouchés, souligne le président de l’AFF. L’association se saisira plus globalement de la première journée mondiale du froid le 26 juin pour faire connaître les métiers de la filière en lien avec l’IIF.

Mobilisation pour plus de personnels qualifiés

Cette même préoccupation est partagée par le président du Snefcca Jean-Luc Carré qui se dit très inquiet du manque de personnel qualifié dont souffre la profession et dont dépend son avenir. Il s’agit là d’un chantier urgent dans lequel chacun doit s’impliquer. En accueillant des stagiaires par exemple où plus urgemment en signant la pétition lancée pour la sauvegarde de l’Afpa, alors que celle-ci n’a, à ce jour, recueilli que 250 signatures sur le site dédié. Et ceci alors que les installateurs peuvent se montrer très proactifs comme sur le dossier de la réduction des HFC. Jean-Luc Carré a en effet félicité ses pairs au regard des derniers chiffres de consommation enregistrés en 2018 meilleurs encore que les premières estimations. En tonne équivalent CO2, la profession est passé d’une consommation représentant de 20 à 12 millions de tonnes entre 2017 et 2018 tandis que dans le même temps le PRG moyen des fluides est passé de 2 300 à 1 800. Ce qui devrait rendre le pallier de 10 millions de tonnes en 2021 atteignable. D’où son encouragement à persévérer dans  cette attitude écoresponsable en recherchant les équipements les plus performants. D’autant que tout est réuni pour poursuivre la dynamique grâce aux Certificats d’économie d’énergie mais aussi au suramortissement inscrit dans la loi de finances 2019. Si l’on ajoute à ces mesures les aides de soutien au développement des Pac, le travail ne devrait pas manquer, se réjouit Jean-Luc Carré.

Attention au retour des « éco-délinquants »

L’année 2018 s’annonce aussi très bonne selon Gérald Charney, secrétaire général de l’AFPAC dont l’association dévoilera en février des progressions à deux chiffres sur l’ensemble des technologies. 2019 devrait être du même acabit avec une reprise des ventes surtout attendue après un 1er trimestre d’attentisme.  Dans ce contexte très positif encouragé par des mesures fiscales très incitatives, l’association craint surtout la réapparition « d’éco-délinquants » attirés par les aides publics comme cela s’est produit entre 2007 et 2009 avec les conséquences que l’on connaît sur l’image de marque de ces technologies. « La Pac à 1 euro on peut y arriver, mais à quel prix ? » s’inquiète Gérald Charney qui conclut « si la qualité à un prix, la non-qualité a un coût ». Un propos que ne dément pas Hervé Quibriac, le président de la Cnefic, qui s’attend à une relance des litiges. D’où la nécessité pour les frigoristes d’être bien avisés pour informer comme il se doit leurs clients.

Un froid durable partout dans le monde

En conclusion, Didier Coulomb a apporté sa vision mondiale du marché. Et de rappeler que 2019 sera marquée par la mise en place de l’accord de Kigali. Ce qui signifie que l’Europe ne sera plus seule à œuvrer pour la baisse de consommation des HFC. Si le commerce illégal de fluide ne doit pas se tarir immédiatement, il se montre optimiste en revanche face aux pays qui devancent le calendrier des interdictions à l’exemple de l’Inde. Ce qui, pour l’Europe, devrait faciliter les exportations de produits plus respectueux de l’environnement. Mais le défi le plus pertinent aujourd’hui réside dans l’optimisation énergétique des équipements frigorifiques. Cet objectif qui doit devenir un réflexe fondamental arrive désormais au premier plan des discussions internationales. À cet égard, la clim en développement dans tous les pays se doit d’être « durable ».

Didier Coulomb relève aussi le défi de recruter du personnel pour la profession. Il invite celle-ci à nouer des partenariats avec des pays africains où le nombre de volontaires est sans doute plus grand mais où le besoin de formation est aussi crucial. De tout cela il sera beaucoup question au prochain congrès mondial de l’IIF fin août 2019 à Montréal. Cette édition enregistre déjà plus de 1 000 communications et en fait déjà un record. Il sera à battre dans 4 ans quand le congrès se tiendra à Paris. Mais d’ici là d’autres vœux auront été émis. 

L’AFF, Association française du froid. Afpac : l’Association française pour les pompes à chaleur. La Cnefic, la Compagnie nationale des experts du froid, frigorifique, isolation, climatique. L’IIF, l’Institut international du froid. Le Snefcca, Syndicat national des entreprises du froid, des équipements de cuisines professionnelles et du conditionnement d’air.



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